L'Origine des Templiers

Des hommes se sont engagés il y a de cela presque 1000 ans, avec pour but la protection des pèlerins en Terre Sainte et le maintien de l'ordre dans les états latins d'Orient. Ce groupe fait aujourd'hui l'objet de multiples mystères et théories. Mais aujourd'hui, pas trop de questions à se poser, car nous allons parler de la Naissance de l'ordre du Temple.

 

INTRODUCTION : UN CHEVALIER FRANCAIS EN TERRE SAINTE 

En 1104, un chevalier Champenois pris la route de Jérusalem. Il se nommait Hugues de Payns. Depuis 1093, il suit son maître Hugues de Champagne, comte de Champagne. Bien qu’ils soient tous deux apte au combat, aucun d'eux n'a participé à la première croisade. En novembre 1095, le pape Urbain II, également Champenois, appelle les croyants Francs à aider les chrétiens d'Orient pour faire face à l'avancement des Turcs seldjoukides. Son but est clair mais ambitieux : Il veut libérer Jérusalem de l’occupation des infidèles musulmans.

Voilà comment l’on appelle les musulmans à cette époque, les hérétiques, les infidèles. Évidemment ils ne se gênaient pas de nommer les chrétiens de la même manière. À la suite du concile provincial de Clermont, le pape a lancé un appel. Il prêche devant des princes, des monarques, des nobles, des chevaliers, il s’adresse à ceux qui savent se battre, aux experts du combat monté à cheval, de véritables chevaliers en somme. Les chrétiens Francs répondirent à son appel. La ferveur de la foi des occidentaux a dépassé toutes ses attentes. À Berry, Pierre l’Ermite proclame son célèbre « Dieu le veut », « Deus lo Vult ». Les foules galvanisées vont se joindre à lui.

I/ À L'AVANT GARDE, LA 1ERE CROISADE 

Le peuple est en extase, des paysans forment les premiers groupes et se mettent en marche vers l’Orient. Ils commencent leur périple au printemps de 1096. Ces groupes, plutôt dissipés et bagarreurs, ont donc commencé à marcher vers l'est. C’est avec un groupe d’environ 15 000 paysans que Pierre l’Ermite arrive à Cologne en Avril. Ils traversent l'Allemagne en attaquant des communautés juives dans le Rhin et le Danube. Les croisés traversent ensuite l'Europe centrale, puis l'Empire byzantin de Grèce, et se sont retrouvés à Constantinople au début du mois d’Aout. Ils ne veulent pas attendre les seigneurs, qui partiront en croisade plus tard. Par conséquent, l'empereur Alexis 1er leur fait traverser le Bosphore le 6 août. Cette croisade populaire ne fera pas le poids face aux Turcs, qui vont exterminer la quasi-totalité des hommes.

Au 15 aout sonne le départ de la croisade des barons. L’appel du pape Urbain II a retentit dans toute la France. On y retrouve donc les Provençaux menés par Raymond de Saint-Gilles, Godefroy de Bouillon et son frère Baudouin de Boulogne, Hugues le Grand, comte de Vermandois et frère du Roi Philippe 1er, Bohémond de Tarente et enfin Robert II de Normandie, Duc de Normandie et fils de Guillaume le Conquérant. Ils se rejoignent tous à Constantinople. Après un long voyage à travers les montagnes d'Asie Mineure, les Croisés atteignirent la grande ville d'Antioche dans le nord de la Syrie. Ils ont réussi à s'en emparer après un an de siège. Puis, au début de 1099, ils repartent et se dirigent vers le sud, atteignant finalement Jérusalem. La famine, la bataille livrée sans relâche durant le siège et les centaines de kilomètres de marche poussent les croisés dans leurs retranchements. Ils parviendront alors à capturer Jérusalem et à venger Jésus Christ en prenant la ville par la force et en massacrant la population. C’est donc le 15 juillet 1099 que Jérusalem tomba entre les mains des croisés. Pour beaucoup d'entre eux, le but a été atteint : ils ont libéré Jérusalem, ils ont prié sur la tombe du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre et ont terminé le pèlerinage le plus sacré qui soit. La première croisade touche à sa fin, alors certains rentrent chez eux. D’autres préfèrent rester en Orient.

Par la suite, les croisés restants formeront les états latins d’Orient : Le comté d'Edesse et la principauté d'Antioche au nord, le comté de Tripoli, et le plus important est le royaume de Jérusalem. Ces croisés sont devenus les Latins d'Orient. Ils ont établi le même système féodal qu'ils connaissaient en Occident. Ils ont établi une église latine fidèle à l'autorité du pape. À Jérusalem, le patriarche latin a remplacé le patriarche grec et il est accompagné par un collège de Chanoine. Le territoire en terre Sainte est distribué aux barons qui ont combattus lors de la croisade. Ils doivent porter sur leurs épaules toutes les nécessités militaires, parce qu’il fallait encore achever la conquête, repousser les attaques musulmanes d'Egypte et de Syrie, et protéger les pèlerins vers les lieux saints. Dès lors, de nombreux pèlerins affluent en direction de la terre Sainte afin d’effectuer le plus grand pèlerinage.

II/ LES « PREMIERS TEMPLIERS »

Hugues de Champagne et Hugues de Payns sont de ceux-là en 1104. Cependant ils reviennent en Champagne dans le courant de 1107. Il faudra attendre 1114, lorsque tous les deux repartent vers l’Orient pour que cette fois-ci, Hugues de Payns reste et rejoigne probablement ces chevaliers qui s’étaient mis au service des chanoines du Saint-Sépulcre : les Milites Sancti Sepulcri (en quelques sorte les premiers Templiers). Leur mission était de protéger les chanoines ainsi que les pèlerins en marche vers le Saint-Sépulcre.

En face du Saint-Sépulcre, un hôpital avait été créé avant la première croisade pour accueillir, nourrir et soigner les pèlerins si nécessaire. Le succès de la première croisade a donné un nouvel élan à cet établissement. Il a été reconstruit. En 1113, le pape Pascal II en a fait un bâtiment autonome et a obligé à ses serviteurs de suivre la règle de saint Augustin. Plusieurs établissements similaires se sont ensuite affiliés à l’Hôpital de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Les fonctions des chevaliers qui servent le collège de chanoines sont d’un autre ordre. Il s’agit d’une mission de « garde du corps » : surveillance, encadrement, protection. Ils ont autorisation de recourir à la violence pour riposter contre les voleurs, pilleurs et autres bandits rencontrés sur tous les grands itinéraires de pèlerinage. Cependant, certains chevaliers n’apprécient pas leur situation, et veulent faire changer les choses. Nous retrouvons à la tête de ces chevaliers réfractaires Godefroy de Saint-Omer et Hugues de Payns.

III/ QUEL ETAIT LE STATUT DES PREMIERS TEMPLIERS ?

Les Milites Sancti Sepulcri sont des laïcs (des fidèles qui n’ont pas rejoint le clergé) ayant proposés leur service de protection aux chanoines du Saint-Sépulcre qui sont, eux, des clercs, des prêtres, des moines. Ils obéissent donc au doyen du collège de chanoines, le prieur. Ensemble, les chevaliers laïcs forment une petite confrérie qui participe au travail des chanoines. Ils bénéficient ainsi de leur bénédiction et de leur bienfaisance spirituelle. Cependant les chevaliers « rebelles » souhaitent un cadre de vie bien plus religieux et spirituel. Ils souhaitent prononcer leurs vœux, faire une promesse envers Dieu, s’engager à le servir et entrer dans une vie religieuse en servant un maître qu’ils auraient désignés parmi leur communauté. À termes, ce groupe naissant de grands guerriers voudrait donc agir en toute autonomie afin de défendre la Terre Sainte et les pèlerins qui souhaitent s’y retrouver.

IV/ LES PAUVRES CHEVALIERS DU CHRIST ET DU TEMPLE DE SALOMON

Fin 1119, La petite confrérie des 9 chevaliers obtient gain de cause. Ils ont reçu le soutien du roi Baudouin II et du patriarche. Ils se séparent donc des chanoines du Saint-Sépulcre afin de former un groupe autonome nommé « Les pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ». Par la suite, Baudouin II leur a offert une partie de son palais sur le mont Moriah, aussi appelé Esplanade du Temple. Au centre de cette place se trouvait l’ancien temple de Salomon. C’est là qu’on trouve le Templum domini, le temple du Seigneur, appelée la Coupole du Rocher avant la première croisade, qui était un bâtiment construit par les musulmans. Au sud-ouest, on trouve le site de l’ancien temple de Salomon ainsi que la mosquée Al-aqsa, mais une fois l’ordre des Chevaliers du Christ établi, ils prirent la possession de ce lieu et en firent leur maison chèvetaine.

Ainsi commence l’épopée des Templiers en Terre Sainte. Cependant, il leur faut encore la reconnaissance de l’église catholique et le pape. Car tant que l’église romaine ne reconnait pas les Templiers comme une entité valable, ils n’ont aucune chance d’être acceptés par les chrétiens.

V/ LA VERITABLE NAISSANCE DES TEMPLIERS 

Leur but maintenant était de faire accepter à l'Église et son chef, le Pape, une nouvelle forme d’adhésion à la vie chrétienne, une nouvelle façon de « militer ». Cependant l’appui de Baudouin II, du comte de Champagne et du comte d’Anjou n’auront pas suffi à faire pencher la balance en leur faveur.

C’est alors que notre cher Hugues de Payns décide de partir en Occident.

En 1127, il prend la route avec 5 frères d’armes. Il a été chargé d’une mission capitale pour le roi Baudouin II : recruter suffisamment de croisés pour mener une opération contre Damas, grande ville de Syrie à dominante musulmane. Durant l’année 1128, Hugues parcourt le nord de la France, il passe par la Champagne et par Anjou, dont il avait déjà conquis les comtes, mais aussi par la Normandie et la Flandre. Par la suite il se rendre même en Angleterre et en Écosse. Ses quelques confrères vont faire connaître les ambitions de leur ordre dans leurs régions respectives, et vont ensuite sillonner la France en quête de nouveaux compagnons, en Picardie, en Provence, en Languedoc, et même jusqu’en Espagne.

En 1129, lorsque Hugues revient en Champagne, s’ouvre le concile de Troyes. Un rassemblement d’évêques et d’abbés ainsi qu’un légat du pape, le cardinal Mathieu d’Albano, qui sera son représentant. Les principaux abbés de l'Ordre de Cîteaux, fondé en 1098, y sont. Parmi eux on trouve Saint Bernard, abbé de Clairvaux, qui est déjà un des plus important représentant de l’autorité spirituelle en Occident. Hugues de Payns l’aurait d’ailleurs probablement rencontré avant le concile, tout comme le pape. Hugues lui aurait aussi demandé d’écrire un discours suffisamment convainquant pour fortifier l’image que les chrétiens d’Occident auront des Templiers. Dans un premier temps, Saint Bernard refusa. Il était un noble gentilhomme issu de l’aristocratie, tout comme Hugues, puis il a fait le choix de se retirer du monde et d’entrer dans l’ordre de Cîteaux. Sa vision du culte était bien plus spirituelle que physique, il pensait qu’il valait mieux atteindre la « Jérusalem céleste » par la prière que de prendre part dans des actions physiques (donc peut être violentes) dans la « Jérusalem terrestre ». Il finira par céder à la demande d’Hugues de Payns, sans nul doute convaincu par la qualité de l’engagement spirituel de ce dernier.

Saint Bernard écrivit en conséquence un sermon intitulé « Laude Novae Militiae », Louange du nouveau chevalier ou Éloge de la nouvelle Chevalerie, dans lequel il loua les mérites et les vertus de la nouvelle chevalerie naissante, visant la rédemption et non la gloire vaniteuse de la « chevalerie du siècle ». Il annonce aux futurs Templiers que leur mission sera un périple passionnant qui les rapprochera du Seigneur et redonne de l’espoir aux quelques premiers Templiers, qui commençait à croire que leur engagement était vain.  

« Un nouveau genre de milice est né, dit-on, sur la terre, dans le pays même que le Soleil levant est venu visiter du haut des cieux, en sorte que là même où il a dispersé, de son bras puissant, les princes des ténèbres, l’épée de cette brave milice en exterminera bientôt les satellites, je veux dire les enfants de l’infidélité. » Laude Novae Militiae - Chap 1

Au terme du Concile de Troyes, l’église catholique reconnait les Templiers. Hugues de Payns a informé les pères de toutes les mœurs et coutumes qu’ont suivis les premiers Templiers et qu’ils suivront à l’avenir. Par la suite naitra un document attestant de 71 règles que doivent suivre chacun des membres de l’ordre du temple. Ils ne suivaient pas les mêmes règles que les abbés et les prêtres par exemple, notamment car ils devaient être prêt au combat à tout moment, semper paratus, et devaient donc être nourri et habillés correctement.

Hugues de Payns a achevé sa quête, les Templiers sont reconnus, les dons des croyants arrivent petit à petit et les chevaliers occidentaux rejoignent les rangs de l’ordre du temple de Salomon. Il a également bien travaillé pour le roi et le royaume de Jérusalem : beaucoup ont fait le voyage vers l'est à l'été 1129 pour conquérir Damas, même si cela ne sera pas fructueux. Parmi eux se trouvaient le comte d'Anjou, Foulques V, l'un des premiers bienfaiteurs du temple.

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